
Elégance frémissante de l’homme moderne tout en nuances chez Valentino. Collection printemps-été Valentino pour homme.
Si j’étais un homme, je serais capitaine d’un vestiaire en mouvement. Je laisserais de mes chemises les pans flotter au vent, me moquerais de leur symétrie du moment qu’elles me suivent fidèlement dans l’action sans chercher à m’entraver par trop de rigueur ou d’étroitesse de coupe.
Si tant de siècles durant, on s’est extasié sur des gravures de femmes alanguies, l’homme lui est beau en mouvement.
Fluide sous une fausse rigueur, Tomas Maier lui laisse l’élégance du mouvement cette été. L’élongation se fait tout en nuances, la démarcation par touches, les couleurs de sa collection été sont vibrantes, vivantes, mouvantes. Philip Lim, lui, opte cet été pour un mouvement par le dégradé. Sarah Burton l’enflamme (et quoi de plus mouvant qu’une flamme ?), Ann Demeulemeester crée le mouvement sous de légères juxtapositions. Chez Balmain, le python donne de la vitesse.
Et que l’homme court, chez Yves Saint-Laurent, puisque ses jambes sont volontiers mises à nu sous des bermudas emprunts d’une fausse sévérité coloniale. Les hauts semblent, eux, avoir été pensés à l’épreuve du vent tout comme chez Walter Van Beirendonck qui ressort de l’homme cet été son côté Batboy (ou comment Robin et The Mask se font concurrence en une même collection), conférant une idée supplémentaire de vitesse et de mouvement au vestiaire du mâle conquérant.
Chez Yohji Yamamoto, au contraire, il a la mesure fluide mais le pas lent de l’homme qui prend son temps sous d’amples plissés et larges vestes qui feraient presque du vent un calme interlocuteur. Deux visions du mouvement se sont ainsi dressées entre les collections.
Les hommes en mouvement chez Dior et chez Hermès en sont peut-être les intermédiaires. Structurés, amples, fluides, ils ont l’allure du héros qui sait prendre son temps. Chez Vuitton, l’allure est dans la coupe. Le vestiaire dessiné par Kim Jones ne peut être statique. C’est le vestiaire d’un félin urbain. On ne sait jamais trop s’il va bondir ou s’étirer mais il reste dans le mouvement, prêt à sauter. Alexander Wang crée en apparence un vestiaire plus statique, rassurant. C’est l’homme qui initie le mouvement et non le vêtement qui lui se doit de le suivre. Pourtant, quand ce dernier s’y met, il se fait frémissant comme une feuille au vent. Frémissement qu’on retrouve toute en nuance et élégance dans la collection été de Valentino pensée par Pier Paolo Piccioli et Maria Grazia Chiuri. Un homme qui frémit, c’est beau aussi.
Toute la beauté du mouvement masculin ne réside-t-elle pas dans cette nuance ?












