Chers amis,
Votre Noël a-t-il été aussi joyeux et festif que chez nous ?
Madame n’a finalement pas mis de nappe sur la table. Elle en a jeté une, à pois, par-dessus le lit aux vêtements et quelques serviettes festonnées à même le bois de la table de pique-nique qui occupe le salon. Il y avait des étoiles, beaucoup d’étoiles en papier, peintes par les enfants, qui les avaient ensuite jetées au hasard sur les bancs et la table entre deux bougies et la crèche dont les personnages principaux courraient sur la table entre les verres et les serviettes. Si l’âne a manqué de piquer du nez dans le velouté de madame, le petit emmailloté, lui, est resté bien au chaud sous la flamme d’une bougie. On n’aurait pu faire plus simple. A se demander pourquoi on a tant fait tourner en bourrique le tambour de la machine à laver ces derniers temps.
Depuis hier, je cherche une feuille de papier sur laquelle écrire quelques mots à l’attention de la robe de gitane qui nous a quittés il y a quelques années. J’aime croire qu’elle est toujours de ce monde et portée par une quelconque curieuse qui aurait fouillé le local poubelles de notre ancienne résidence.
Comme chaque année, donc, je lui écris quelques mots sans adresse mais avec une photo. Cette année, j’ai choisi pour elle ce pantalon Sonia Rykiel qui me rappelle l’esprit de cette belle rebelle à bretelles romantiques. Quand je l’ai vu, j’ai souri et eu immédiatement envie de converser avec ma vieille amie (qui me friserait le mohair si elle m’entendait la traiter de vieille !)
Où que tu sois, ma jolie, j’espère que tu as été rafistolée et que tes volants font encore tourner bien des têtes.
