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Articles Tagués ‘de l’éclat du blanc’

Croisé hier soir au détour d’une rue: l’homme solaire.

Celui-là même qui m’avait inspiré ces mots il y a quelques années, par un certain dimanche de septembre…

Souvenez-vous…

"Dimanche, 13 septembre,

Cher journal, chers lecteurs, cher James, chères cravate noire et valseuse de prose, chères Miss Nahn et Glitzy, jolies Stéphanie, Sarah et Marionfizz, charmantes Alize, Frieda, Marigaz, Sunny Side, Isa et Catherine, talentueuse Isabelle, irradiante Fonelle, charmante Steph’, douce Sibille et discrète Audrey,

Je suis confus car ma maîtresse est malade, bien malade même. Trop heureux de sentir l’automne frapper à la porte de la penderie, je suis sorti avec elle, tout goguenard mais peu précautionneux. Un virus est passé au travers de mes mailles et la voici alitée depuis quatre jours. Hier, cependant, elle s’est levée et – peu rancunière ou inconsciente de ma négligence – elle m’a à nouveau porté pour se rendre à son ancien appartement dans le centre de la ville. Il s’agissait de remettre les clés de son ancien nid d’amour au nouveau locataire des lieux. Autant vous dire que l’ambiance de la promenade n’était pas à la joie. Entre deux éternuements et quelques quintes de toux, elle a tout de même réussi à se rendre présentable et atteindre sans encombre les rues piétonnes. Il faisait cependant si chaud qu’elle a préféré m’ôter pour m’enrouler autour de ses épaules, place que j’apprécie particulièrement quand elle ne porte pas de sac à dos.

Au coin de la rue des anciennes amours, nous aperçûmes un grand homme sombre qui faisait les cent pas devant l’entrée de l’immeuble. Quand je dis « sombre », je parle de la couleur de sa peau qui n’était ni chocolat ni caramel mais d’un beau noir réglisse. Vêtu d’une éclatante tunique blanche et d’un pantalon large  en lin rayé beige et blanc, il irradiait sous le soleil taquin de ce début septembre. L’homme et l’astre semblaient attirés l’un par l’autre comme dans une tragédie antique. A mesure que nous approchions, je constatais – déjà subjugué – que cette attraction s’étendait aux êtres alentours qui ne pouvait s’empêcher en passant de contempler cet être solaire, hypnotisant. Ma maîtresse, elle, avait le pas empâté des gens enrhumés jusqu’aux doigts de pieds et le cœur ralenti par les médicaments mais dès qu’elle leva la tête, une chose inouïe se produisit : l’homme solaire et ma maîtresse entrèrent en collision visuelle avec la même force qu’un soleil fonçant tel un fougueux alezan sur une pâle étoile hautement inflammable. L’impact fut tel quand ils se serrèrent la main que j’ai aussitôt contracté mes manches autour du cou de ma maîtresse pour être sûr de ne pas tomber.

Avez-vous déjà reçu un tel coup de soleil, mes amis ?
Je ne m’en suis toujours remis. Quant à ma maîtresse, elle a l’œil qui brille mais je ne suis pas certain que la fièvre en soit la seule raison…"

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