Non pas par la fraîcheur, mais par la grisaille et un sentiment plus troublant que je m’empresse de vous conter.
Quand elle ouvre les portes de notre placard, elle ne semble plus voir nos mailles. Elle nous touche à peine du doigt ou du regard. Ne sourit plus de nos bruissements. Elle nous enfile sans joie. Ne nous emmène plus jusqu’au miroir où avant nous avions le loisir de juger de notre reflet.
Elle est en rupture de foi avec ses vêtements.
Des défilés, n’en parlons pas. Elle les a suivis d’un oeil distrait.
A peine a-t-elle battu un cil devant le travail époustouflant réalisé chez Alexander McQueen, la perfection des robes Valentino de l’hiver prochain…
Son seul émoi ? Les derbies en raphia de chez Bottega Veneta pour sa collection croisière. Et encore… Elle a à peine applaudi de la plante d’un pied.
Et puis, il y a eu ces photos parues dans le dernier hors-série mode du journal Le Temps.
Une ode au corps féminin.
Le regard de madame a marqué un temps d’arrêt sur ces pages baignées de lumière et de douceur.
Le pouls des robes y bat au rythme du corps qui s’élance.
Ici, celui de Juliette Gernez, danseuse à l’Opéra de Paris. Voyez comme le tulle et la résille de la robe signée Anne-Valérie Hash se font complices de son moindre mouvement. Admirez comme la robe smoking de chez Dior s’entend avec l’académique de Repetto pour se rendre complices de ce corps qui s’étire sans entrave vers la lumière.
L’émotion a enfin submergé le coeur de madame.
Sous ma vieille maille, je crois avoir effleuré le problème de celle qui fut un temps ma petite demoiselle à la peau tendue par ses rêves.
Ce n’est pas dans le vêtement qu’elle a cessé de croire.
C’est avec son corps qu’elle est en rupture de foi.
Photos extraites du portfolio "Le sacre du printemps" Hors-série Le Temps mode (Making of à contempler ici) Photographies et stylisme Buonomo et Cometti Réalisation Isabelle Cerboneschi Danseuse Juliette Gernez, Marilyn Angency






