Ah, mes amis, que l’été fut long ! J’ai sué toutes mes mailles dans notre étroit placard. Serait-il trop demander que d’emménager l’été prochain dans un dressing digne ce nom ?
J’aurais pu vous écrire durant ces mois de chaleur mais je vous ai supposé très occupés. Quant à moi, j’étais accaparé par les nouveaux arrivants. Chaque saison, il me faut dresser – que dis-je ? éduquer ! – de paresseuses étoffes qui se croient sorties de la penderie de Jupiter mais qui n’ont aucune idée des usages et coutumes de notre garde-robe.
Les arrivants de l’automne, je les éduque en situation. Je profite de nos sorties pour allier le propos à l’exemple mais l’été… Ah, l’été ! Du haut de mon placard, je n’ai que théorie et vieilles histoires. Les tissus d’été m’écoutent peu. Tout est à faire avec eux. Quel désespoir !
Cet été, madame a acheté des pantalons imprimés pas plus épais que les mouchoirs de sa grand-mère. S’ils sont élégants, il n’en reste pas moins qu’ils n’ont aucune idée du fonctionnement d’une penderie féminine. Il y a des usages, des codes qui se perdent dans l’éducation des vêtements, de nos jours. J’ai donc passé cet été à patiemment les éduquer pour les voir partir hier, impeccablement repassés, dans le sac de voyage de madame qui ne fait plus très cas de moi depuis quelques temps.
Mais que deviendrait cette penderie sans moi ?

Bonjour mon écrivaine. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé ce cher vieux pull! A quel rythme va-t’ il nous donner de ses nouvelles? (un de ces jours il faudra que tu m’envoies une photo de ton cher "compagnon"). La vision qu’il m’en reste est floue.
La dernière fois que nous nous sommes croisés, j’étais en bien meilleur état qu’aujourd’hui. Madame me néglige beaucoup ces temps-ci… Peut-être pourriez-vous lui un toucher un mot de mon état ?
Un tout petit mot, rien qu’un tout petit…