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Archives de mai 2009

Mes amis, ma maille se sent d’humeur coquine ce soir. Plutôt que de vous révéler qui est le nouvel invité de ma maîtresse, je m’en vais plutôt vous citer ces mots de Moreau car, la chaleur aidant, je passe plus de temps au contact des livres en vrac que du corps de ma tendre…



Le prétérit : « Il me laissait, inexplicablement, sur ma faim de résonances assez lascives pour que j’en éprouvasse un commencement d’érection. Prétérit ne semblait être qu’une création pédante, destinée à habiller d’académisme les ressorts vibratiles de la langue, singulièrement en sa conjugaison. J’avais tort. Prétérit était une bien belle sonorité, suave, féminine, ondulatoire, dont m’avait échappé, je ne sais pourquoi ni comment, la grâce naturelle, engageante. Elle avait tout pour incarner, à mes yeux, une de ces promeneuses considérables auxquelles, dans la rue, j’aimais emboîter le pas, toutes affaires cessantes, avant qu’elles disparussent à jamais de ma vue, sans savoir à quel point elles avaient su se rendre plus inoubliables comme évanouies que comme abordées. Prétérit était de celles-là, sauf que ce n’est que maintenant que je mesure combien, même brève apparition, j’eusse gagner à m’entêter à la suivre, où qu’elle allât. Mais le hasard n’a pas voulu que marchant sur ses talons, qu’elle portait haut, j’eusse le plaisir à la faveur d’une chute ou d’une entorse, de la voir de plus près, et de la trouver encore plus désirable dans l’embarras que dans la prestance. » (Des Hallalis dans les alléluias, Marcel MOREAU)

Vivement l’automne – ou les prochains rafraichissements – car les mots ne sont beaux que si on peut les vivre, n’est-ce pas ?

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Cher journal, chers lecteurs, cher James, chères cravate noire et valseuse de prose, chères Miss Nahn et Glitzy, jolies Stéphanie, Sarah et Marionfizz, charmantes Alize, Frieda, Marigaz, Sunny Side, Isa et Catherine, talentueuse Isabelle et mademoiselle Fonelle, charmante Steph’,

Je vous prie de m’excuser de ne plus prendre le temps de vous répondre individuellement. C’est que je ne sors plus tant qu’avant. La nouvelle penderie est petite mais propre et chaleureuse. Pour l’instant, j’ai visite le rayon de gauche en boule, le rayon de droite plié – j’ai même eu l’honneur de me retrouver suspendu à un cintre recouvert de joli tissu. Je ne saurai vous dire ce qui me convient le mieux. Ma maîtresse non plus, d’ailleurs. Elle ne sait encore où nous loger tous. Elle a l’air toute guillerette ainsi à décorer son petit studio. Cela fait plaisir à voir mais ma maille ne se laisse pas leurrer autant. Cette enfant, depuis le temps, je la connais bien. Parfois, je la surprends à fixer sans expression un point imaginaire sur un des murs blancs. On dirait que toute vie l’a quittée puis, soudain, comme par magie, elle se remet en mouvement et trotte dans l’appartement comme un petit lion en cage – un lion à qui l’on aurait greffé des ailes de fée et elle fait le ménage, déplace les meubles, allume la musique et s’élance comme si elle passait une audition à l’Opéra de Paris.

Comme il fait très chaud ces jours-ci, elle privilégie les petites blouses fleuries et me laisse de côté avec la clique des grosses mailles. Je pensais d’abord en profiter pour vous raconter les derniers épisodes de ma vie de pull – et le dieu de la maille sait combien j’ai à vous narrer ! Je m’étais fait une place de choix dans la penderie pour pouvoir accéder plus vite à l’ordinateur une fois ma maîtresse sortie mais… c’était sans compter l’arrivée d’un nouvel invité.

Je vous en dirai donc plus dès que je pourrai à nouveau approcher le clavier en toute sécurité.

A bientôt, mes amis !

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Ma chère Sunny,

Vous y étiez presque !

Ma maîtresse a déménagé à l’autre bout du couloir où un petit studio fort coquet s’est libéré il y a peu. Un solution étonnamment pratique si elle et monsieur avaient eu des enfants, vous ne trouvez pas ?

Je n’étais donc pas enfermé dans la penderie mais coincé dans un vulgaire sac réutilisable de supermarché entre quatre nouveaux murs blancs ne demandant qu’à être aimés.

Le PC est venu se brancher ce matin.

Le canapé-lit a passé la porte et le stade houleux des compromis.

Laissez-moi découvrir ma nouvelle penderie et je suis à nouveau à vous, mes chers amis !

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