« Ce pourrait être le livre d’un corps écrivant. Ce pourrait être le commencement ou la fin d’un corps en résonance avec quelque chose de la femme éternelle. »

Ainsi commence le dernier livre de Marcel Moreau, « Des hallalis dans les alléluias ». Ma maîtresse l’a reçu hier et l’a posé sur son bureau où je traîne ces jours-ci, en équilibre entre le dossier du fauteuil où séjourne déjà le jupon en broderie anglaise et le clavier pour éviter un certain pull en cachemire beige dont je vous narrerai bientôt les exploits.
Remplacer « corps » par « pull » et vous lirez ce que je ressens. … La puissance du langage, le pouvoir du verbe qui depuis octobre me permet d’exprimer dans ce journal tout ce que je taisais depuis des années, incompris de mes pairs, muet aux oreilles des humains …. Dans ce livre, les mots de Moreau résonnent en ma laine comme si homme et pull n’étaient point si éloignés.

Du langage – qui m’a permis de vous rencontrer – il dit ceci :
« La différence entre les corps humains, ce n’est pas la couleur de leur peau, ni leur façonnement par des climats ou des cultures spécifiques, c’est la densité ou la superficialité de leur relation à la puissance du langage. Celui qui a eu, ou aura, un jour la révélation qu’en faisant corps avec la puissance du corps langagier, il ne fait rien d’autre que libérer par la parole ce que les impuissances de sa raison ont amassé en lui de silences de mort et d’indansable créativité, celui-là est un corps en mouvement vers son humanité essentielle. C’est alors qu’il abonde de ses aptitudes à l’épanouissement… »
A déguster avec une tasse de thé au lait (ou un bol d’eau savonneuse…)


