
Cher journal, chers lecteurs et lectrices anonymes, chère miss Nhan, mademoiselle Beauty, charmante Frieda et chère Cravate noire que j’ai malencontreusement oubliée…,
Il y a tant à dire sur ce week-end que je ne sais par où commencer. Je réalise ce matin que je ne vous ai encore jamais parlé des parents de ma maîtresse ni même de ses amies d’enfance avec qui elle forme les Infernal Trois. Elles sont terribles, si terribles que j’ai des suées rien qu’en sachant qu’elle va leur téléphoner. Cette fois, mes amis, c’était pire. Je les ai vues, en chair et en os, et entendu rire et jacasser tout le week-end ! J’étais d’ailleurs fort aise samedi soir d’apprendre que je ne faisais pas partie de leur petite virée dans la boîte de nuit locale. La dernière fois que ma maîtresse m’y avait convié, j’avais dû être lavé deux fois tant je sentais le tabac froid. A ce propos, je constate que ma maîtresse fume de plus en plus. Si je pouvais, je lui dirais bien deux mots mais elle est si têtue que je me heurterais à un mur de mauvaise foi. Paradoxalement, elle s’est remise à courir…
Ca doit être l’effet Monsouvenir.
Monsouvenir est une petite bourgade du Sud-Est de la France où ma maîtresse a grandi jusqu’à ses dix huit ans. Ses parents y ont une petite maison cossue dans un quartier bourgeois. Le père de ma maîtresse est électricien et pêcheur à ses heures. Sa mère est femme de ménage et névrosée. Sa propre mère avait hérité de cette maison par une grand-tante aristocrate qui avait fui l’Europe de l’Est et s’était installée en France pour couler une fin de vie heureuse. La mère de ma maîtresse est donc très attachée à ses origines. D’ailleurs, elle n’a de cesse de rappeler à qui veut dans la maison qu’elle est la plus aristocrate des femmes de ménage du pays. Elle n’a pas beaucoup d’amies. Je me demande bien pourquoi…
… mais ne soyons pas mauvaises langues car ce week-end aurait pu être bien pire que ce que nous avons vécu à Monsouvenir. Ma maîtresse en est d’ailleurs revenue fort revigorée. Ce matin, sur les conseils de sa chère maman, elle est partie travailler le rouge aux lèvres et l’escarpin au pied avec un petit tailleur vintage finement rayé qu’elle a agrémenté d’une écharpe en soie à pois en guise de ceinture. C’est un peu surprenant au premier abord mais, finalement, le contraste entre les pois et les rayures rend très bien.
Je vous laisse pour profiter d’une soirée d’oisiveté bien méritée au côté du pull de l’armée. J’ai tant à lui raconter aussi !
Bonne semaine, mes amis !
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Photo: Les deux acolytes
Crédit: Steven MEISEL pour VOGUE US