Jour 63: 14 heures…

Cher journal, chers lecteurs, chère cravate noire, chères Miss Nahn et BB,

Dans moins de 14 heures maintenant, nous passerons le cap d’une nouvelle année.

Je suis encore tout retourné par le décalage horaire, le froid qui sévit dans la contrée de beau-papa et belle-maman et mon second au-revoir avec le vieux pull de l’armée. Vous aviez raison, mes amis: il ne m’avait pas oublié et c’est avec joie que j’ai passé ces dix derniers jours à ses côtés. Ma maîtresse ma beaucoup sorti mais son angine carabinée m’a permis de rester au chaud ces quelques derniers jours près du vieux pull de l’armée que, très étrangement, ma maîtresse affectionne aussi. Ce n’est pourtant pas un pull très féminin mais il est question que beau-papa lui offre lors d’une prochaine visite. Il faut dire que beau-papa a fait ce qu’il fait généralement le lendemain de Noël: il est allé dévaliser les boutiques pour renouveler sa garde-robe. C’est un de ses grands plaisirs depuis sa retraite bien méritée.

J’espère que vous avez également passé un très joyeux noël . Avez-vous bien pris soin de vos douces mailles et sorti vos plus belles cravates ?

Je profite de cette occasion pour inviter vos mailles et autres bouts de tissus fétiches à des tea-party chaque mercredi dans ma penderie. Je vous remercie d’ailleurs fort chaleureusement, chère cravate, pour avoir accepté mon invitation. Je vous ferai parvenir un petit questionnaire d’ici lundi.

Je ne suis pas non plus peu fier de ma contribution au petit magazine d’une amie de ma maîtresse (qui m’a promis de ne pas lui toucher mot de mes activités sur le web) qui s’est lancée cette semaine. Je n’ai fait que lui apporter mon aide dans la réalisation des polaroïds mais me suis tant amusé que je vous propose de découvrir son univers.

Avec votre permission, il se peut que le vieux pull publie également nos entretiens du mercredi dan ce petit magazine. Vous le découvrirez ici.

Je dois vous laisser. Ma maîtresse vient de sortir l’aspirateur. Il y a fort à parier qu’elle va me lancer comme un boulet dans le placard dans moins de dix minutes.

Excellent réveillon à tous !

A très vite, mes amis !

Jour 51: à chacun sa reprise

Cher journal, chers lecteurs, chère Cravate noire, chères Miss Nahn et Big Beauty,

Je tiens à m’excuser une nouvelle fois pour mon silence ces dernières semaines. J’ai l’honneur de vous annoncer que votre serviteur ici présent se voit depuis une semaine accompagner sa maîtresse au travail en compagnie de deux petits tops à pois dessinés par Rei Kawakubo et d’autres hauts dégotés par ma maîtresse chez H&M. Pour l’instant, j’ai un peu de mal à communiquer avec eux. Ne maîtrisant ni le japonais ni le suédois, je me contente d’être doux et poli en attendant que le gilet se déride. Celui-ci est bleu à petits pois blancs. Ma maîtresse a décidé ce matin de le porter par dessus un autre gilet à gros pois cette fois. L’ensemble est plutôt amusant. J’avoue que je ne sais pas bien ce que je fais par-dessus une telle profusion de pois mais je m’amuse à sentir à nouveau l’air frais fouetter la maille de mon col sous le gros manteau de ma maîtresse. Les passants sont si tristement vêtus que je me plais à me savoir prune. Le prune est une couleur royale, vous ne trouvez pas ? J’adore cette couleur. Elle me donne une profondeur… une classe inouïe. Pourquoi diable tout le monde porte du noir par ici ? C’est effrayant ! Les rues en hiver ressemblent bien trop souvent à des cimetières. En moins fleuries. Et moins reposantes bien sûr. Vous aimez vous promener dans les cimetières ? A une époque, ma maîtresse visitait les cimetières de toutes les villes dans lesquelles elle se rendait. Je l’accompagnais parfois. Je me souviens d’un cimetière italien dans lequel tout le monde était en boîte dans des tiroirs. Ce n’était pas triste. C’était une autre conception de l’espace. Le soir-même, d’ailleurs, ma maîtresse et moi étions allés en boîte et nous trouvions si serrés que je me souviens m’être demandé si les morts ne dansaient pas mieux là où ils étaient…

Je dois vous laisser. Ma maîtresse reçoit à l’instant des clients importants. Comme elle travaille beaucoup en extérieur et que je compte bien l’accompagner aussi souvent que possible, j’ai bien peur d’être parfois très longtemps absent. Je vous prie donc de bien vouloir m’excuser pour mes silences passés et à venir. Etre le pull d’une femme tous terrains n’est pas de tout repos, vous savez.

Bonnes fêtes à chacun d’entre vous. Couvrez-vous bien et n’oubliez pas de traiter vos amis à mailles avec toute la douceur qu’ils méritent. ;-)

Jour 40: Au revoir…

pelote

Cher journal, chers lecteurs,

Et bien voilà ! Beau-papa et belle-maman sont repartis jeudi dernier et depuis nous avons un nouvel invité. L’émotion était palpable lors du départ des parents de Monsieur. Je crois même que même que beau-papa a serré ma maîtresse plus fort que d’habitude dans ses bras. Franchement, on se demande comment Monsieur fait pour avoir des parents aussi charmants et… attentionnés. Je n’ai pu dire au-revoir au vieux pull de l’armée mais j’espère de tout cœur le revoir à Noël. Monsieur a repris le travail hier, madame n’y retourne que demain. Nous allons pouvoir passer un peu de temps ensemble, nous consoler, ré-essayer toute la penderie. Savez-vous pourquoi j’en suis si sûr ? Devinez…

Belle-maman, jeudi dernier, a décidé de faire la plus merveilleuse action depuis le jour où elle a offert des culottes dignes de ce nom à ma maîtresse. Vous ne devinez toujours pas ? Si je vous dis qu’elle a pris une aiguille à laine et un peu de fil prune, vous voyez mieux ? Bien sûr, vous avez deviné : elle m’a recousu !!!!

Oui, mes amis, j’en suis encore tout chose : mon aisselle droite est réparée. Bien sûr, il va me falloir une semaine ou deux de ré-éducation mais je me sens déjà mieux. Ma maîtresse me regarde à nouveau avec amour et m’a promis d’essayer ses nouveaux vêtements en ma compagnie. Aujourd’hui, mes amis, je revis !!!

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Photo: belle pelote

Credits: extrait d’une photo de Steven Meisel pour Vogue Italia, février 2008